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Wagner (1990), dans Shaheen et al. (1998), rapporte, pour la Suisse, une diminution du kilométrage annuel des individus variant de 33 à 50 % à la suite de leur adhésion au service. Ceux-ci augmentent, en contrepartie, leur usage des autres modes. En Hollande, les adhérents sétant départis de leur véhicule affichent une diminution du nombre de kilomètres roulés, annuellement, de 37 % (Shaheen et al. 1998). En Allemagne, Baum et Pesch (1994), dans Shaheen et al. (1998), rapportent une diminution du kilométrage annuel effectué en automobile de 58 %. En échange, le nombre total de kilomètres parcourus avec les transporteurs publics a augmenté de 960 milles (1778 km) par année. Contrairement
à une idée largement répandue, même les personnes
qui faisaient déjà partie dun ménage non
motorisé, avant dadhérer au service, nont
pas tendance à rouler davantage en voiture à cause de
cette option. Selon Muheim (1998), cette situation sexpliquerait
par le fait quauparavant ces personnes étaient déjà,
le plus souvent, des automobilistes occasionnels : elles empruntaient
le véhicule des voisins ou dun membre de la famille, utilisaient
une voiture dentreprise, recouraient à la location ou prenaient
le taxi. Cette constatation est corroborée par les résultats
dune autre étude effectuée en Hollande, où
il a été démontré que les usagers de la
voiture partagée non propriétaires dun véhicule
avant leur adhésion réduisent malgré tout leur
kilométrage annuel de 29 % (Shaheen et al. 1998).
Lavantage de la voiture partagée, pour ce groupe dutilisateurs,
ne résiderait pas tant dans la possibilité de faire davantage
de kilomètres que dans la meilleure accessibilité à
ce mode que cette formule est en mesure de leur procurer (Muheim, 1998). La voiture partagée permet une diminution de la consommation de carburant par personne pouvant aller jusquà 57 % (Muheim, 1998). Les clients actifs de Mobility Car-Sharing, en 1998, ont ainsi réalisé, collectivement, des économies de carburant de 63 térajoules, ce qui correspond à 4200 tonnes de CO2. Cette économie représente une moyenne de 4200 mégajoules par année et par personne. En ciblant mieux les propriétaires de véhicules dans leurs efforts de promotion futurs, les responsables de lentreprise croient être en mesure de faire grimper cette moyenne à 6200 mégajoules par année et par personne. Bien
que nous ne disposions pas encore de données quantitatives de
cette nature sur les usagers de Communauto, de nombreux
indices nous permettent de croire que limpact de la voiture partagée
nest pas moins intéressant ici. En effet, moins de 1 %
des abonnés de Communauto utilisent régulièrement
lautomobile dans le cadre de leurs déplacements pendulaires
alors que plus de 98 % dentre eux sont des usagers des services
de transport publics (Robert, 2000). Limpact du service risque
dêtre dautant plus persistant que moins de 28 %
des usagers de Québec et moins de 15 % de ceux de Montréal
envisagent de faire lacquisition dun véhicule dans
lavenir (Robert, 2000). Parmi ces derniers, une très forte
majorité déclare que leur ménage aurait procédé
plus rapidement à lacquisition dun véhicule
en labsence du service offert par Communauto (67 %
à Québec et 81 % à Montréal). En ce
qui concerne les ménages qui ne prévoyaient pas faire
lacquisition dun véhicule au moment de lenquête,
il est intéressant de constater quune très forte
majorité dentre eux ont déclaré que leur
ménage serait plus susceptible de faire une telle acquisition
en labsence du service offert (66 % à Québec
et 68 % à Montréal). ARTICLES CITÉS DANS LE TEXTE Lamure,
Claude; Patrice, Bernard; Jean, Maxime, 1999. Automobiles pour la
ville à lhorizon 2010. Nouvelles gestions de lautomobile
urbaine. Partenariats avec le transport public. Centre détudes
sur les réseaux, les transports, lurbanisme et les constructions
publiques (CERTU). Lyon, 107 p.
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