AUTO EN LIBRE-SERVICE :
NE SERAIT-CE PAS PLUTÔT À PARIS DE S'INSPIRER DE MONTRÉAL ?

Hier, l'émission C'est bien meilleur le matin à la radio de Radio-Canada dédiait sa chronique environnementale au projet d'autos en libre-service de Paris, Autolib' et, par association, à Communauto qui est la référence en la matière au Québec. Cette chronique mettait en relief un débat de grand intérêt qui a actuellement cours à Paris : doit-on investir d'importantes sommes d’a rgent public dans un service dont l’impact environnemental positif et la faisabilité restent encore à démontrer, ou plutôt miser sur le développement d’un service capable de s'autofinancer, ayant fait ses preuves, mais qui, du moins à Paris, est perçu par certains intervenants comme étant un service de niche ? Ce sont d'ailleurs ces mêmes questionnements qui sont, entre autres, à l'origine des rumeurs récentes, dans les médias français, selon lesquelles le projet Autolib' serait déjà « enterré » (Le Parisien, 12 mai; Europe 1 et L’Expansion, 13 mai; Le Figaro, 11 avril 2009).

La solution réside, à notre avis, dans la complémentarité des deux options et dans le développement d'un volet de véhicules en libre-service qui soit en mesure de transformer de façon plus durable le changement dans la mobilité des personnes recherché par l’introduction d'Autolib’.

Actuellement, les experts s’interrogent sur les effets potentiels d’Autolib' quant à la réduction du taux de possession et de l’usage de l’automobile, notamment en regard des éléments suivants : ce système comporterait l’avantage de ne pas obliger le retour du véhicule à sa station d'origine (un défi quant à sa viabilité économique), cependant, par ce fait même, il ne permettrait pas, contrairement à Communauto, de réserver à l'avance. Le questionnement est pertinent : combien de personnes seraient prêtes à renoncer à leur auto si, ne pouvant pas réserver un véhicule pour une sortie d’une journée au Mont Orford avec un système tel qu'Autolib’, elles étaient obligées de se rendre chez un loueur traditionnel à quelques kilomètres de chez elles pour être certaines d’avoir un véhicule disponible au moment voulu ?

Si la gestion des réservations constitue un argument lorsque vient le temps de choisir l'autopartage, la tarification du service en est aussi un de taille. Combien de personnes seraient prêtes à renoncer à leur auto si, pour leurs soirées hors du secteur desservi par Autolib' et le transport en commun — parce que c’est souvent pour ces occasions que nous avons besoin d’un véhicule — elles devaient défrayer entre 6 $ et 8 $ de l’heure (contre une moyenne, tous trajets confondus et essence incluse de 3,41 $/h chez Communauto) en plus d'un abonnement mensuel coûtant presque autant qu'un abonnement annuel de Communauto ?

À notre avis, la maximisation des avantages environnementaux d’un projet tel qu'Autolib’ réside dans la possibilité de le jumeler à un important réseau de véhicules en libre-service, économiques et fiables et donc, permettant de réserver un véhicule et comprenant des trajets avec retour. Pour cette raison, l’intention de M. Delanoë « d’emprunter l’idée montréalaise d’autopartage pour créer un service d’autos en libre-service à Paris » (La Presse, 18 octobre 2008), annoncé lors de sa visite au maire de Montréal, l’automne dernier, conserve, à notre avis, toute sa pertinence.

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Implantée au Québec depuis 1994, Communauto est le plus ancien service d’autopartage en Amérique du Nord. Il s’agit d’une entreprise à vocation sociale, urbanistique et environnementale qui met à la disposition de ses quelque 18 200 usagers au Québec, un parc de plus de 875 véhicules. Ceux-ci sont disponibles en libre-service et répartis dans près de 300 stations, dans les régions de Montréal, Québec, Gatineau et Sherbrooke. Communauto connaît une croissance du nombre de ses utilisateurs d’environ 25 à 30 % par année.

Pour plus d’information :

Marco Viviani
Directeur, développement
et relations publiques

Communauto
1117, rue Sainte-Catherine Ouest, bureau 806
Montréal (QC) H3B 1H9
Tél. : 514-499-8099